Voyage à Durée Indéterminée: Comment voyager 6 mois, 2 ans ou toute votre vie avec n’importe quel budget

Voyage à Durée Indéterminée: Comment voyager 6 mois, 2 ans ou toute votre vie avec n'importe quel budget par [Pinatton, Michael]

Dès le départ, Pinatton confronte les principaux obstacles qui freinent l’accès au voyage au long cours, ce Graal nomade qu’il appelle le VDI en clin d’œil au Contrat à Durée Indéterminée si cher aux Français. Chaque argument qui fâche est ici disséqué et déconstruit pour faire place à des pistes de solutions.

On pourrait lui reprocher d’avoir trop souvent recours à son témoignage personnel pour appuyer ses dires, mais l’auteur ne se limite pas à cette stratégie pour nous persuader. Aussi appelle-t-il à témoin de nombreux voyageurs au long cours plus ou moins connus de la blogosphère, fournissant ainsi aux lecteurs une pléthore de modèles auxquels s’identifier pour dépasser ses peurs.

Il s’attaque ensuite aux différents aspects de la logistique du voyage selon une approche plus classique (hébergement, transport, nourriture…) et tout à fait pragmatique. La partie que je trouve la plus intéressante est celle de la réflexion autour du travail en voyage. Quels jobs permettent d’être nomade ? Comment sortir du cadre salarial et choisir une situation qui cadre avec la vie d’hypermobile ? Enfin, l’ouvrage consacre de nombreuses sections aux aspects de la planification et de la préparation.

J’ai particulièrement apprécié l’approche pédagogique, avec ses encadrés contenant l’essentiel à retenir de façon synthétique. Ce qui a aussi fait gagner une étoile à mon évaluation, c’est la mise en place d’un compagnon web pour le livre contenant moult ressources pour la préparation au départ et la documentation. Un travail titanesque à saluer, mais aussi une mine d’or pour les apprentis voyageurs !

Le livre m’a peu appris que l’expérience ne m’avait pas déjà enseigné en tant que nomade chevronnée, mais il pose les bases de façon méthodique et engageante, soulignant au passage avec brio la phase de préparation psychologique trop souvent occultée dans les ouvrages plus techniques.

Je recommande donc ce livre à tout ceux qui rêvent de partir mais n’osent pas vivre ce rêve…

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Métisse! de Kimberly Cooper

Métisse ! par [Cooper, Kimberly]

Arrachée à dix-sept ans de son Afrique natale après la mort de son père, Virginia est restée profondément imprégnée par sa culture tribale. Elle ne s’est jamais adaptée à l’Angleterre et à la grisaille de Manchester. Elle rompt très vite ses liens avec sa mère anglaise et blanche qu’elle ne comprend pas.

C’est le 5ème ou 6ème livre que je lis de cet auteure et encore une fois, le plaisir de lecture était total.
J’ai adoré ce regard incisif sur une jeune femme déchirée entre ses racines et sa prise de conscience de sa condition de femme libre dans la société anglaise contrairement à sa vie en Afrique. Comme dans les livres précédents, c’est écrit avec beaucoup de finesse, on est complètement immergée dans la conscience de Virginia. Beaucoup de dialogues alternant avec des phases d’action ou plus narratives.
Une belle réflexion sur la chance que nous avons, nous les européennes, de vivre dans une société où la place de le femme est importante. Et aussi une magnifique histoire d’amour esquissée avec du suspense jusque dans le dernier chapitre.

Mockingbird de Chelsea Cain

Mockingbird #1 (2016-)

Pas du tout mon genre habituel de lecture, pourtant j’aime bien une bonne bd de temps en temps, mais j’apprend que l’auteure, Chelsea Cain, aussi connue pour ses polars (au coeur du mal, pourquoi moi) vient de quitter Twitter à cause de cette série, qu’elle abandonne aussi après huit numéros, après avoir subie insultes et menaces de mort (et bien entendu, de viol également). C’est donc ce énième scandale qui m’a intriguée et m’a poussée à découvrir Mockingbird. Pas facile de trouver des exemplaires de la série à la boutique du coin! Mais je découvre donc une petite série très drôle, et aussi le personnage de Barbara Morse, que je connaissais un peu avec la très dispensable série Marvel Agents of SHIELD.

J’ai tout de suite associée le style à Ally Mc Beal, mais avec des super-pouvoirs. Je ne comprend vraiment pas pourquoi ce traitement léger et original pour du Marvel aura provoqué tant de haine à l’encontre de l’auteure, accusée de promouvoir ses valeurs féministes. Pour le coups je suis très déçue de n’avoir que huit épisode d’un titre qui m’aurait reconcilié avec l’univers Marvel, toujours très faible au niveau des histoires.

Wonder Woman, l’Odyssée tome 2

Qui a changé le passé de Diana et les Amazones ? Quel effet cela a-t-il eu sur ses plus grands ennemis comme ses plus proches alliés ? Wonder Woman est-elle prête à affronter les Dieux et modifier le cours de l histoire ? Les réponses s enchaînent dans un final cataclysmique qui oppose Diana à… elle-même !

Ce tome fait suite à L’odyssée tome 1 (#601 à #607) qu’il faut avoir lu avant bien sûr. Il contient les épisodes #608 à #614, parus en 2011.
Wonder Woman et 3 autres amazones (dont Artemis) sont à la poursuite de l’auteur du massacre perpétré dans l’épisode précédent. Après l’attaque de leur base par Giganta, Cheetah et Huntress, Diana et ses compagnes reviennent à leur quartier général, l’affrontement avec les 3 ennemies est brutal et pas à leur avantage. Il faudra l’aide d’un ennemi de Wonder Woman pour que cette dernière reprenne pied…

Bof bof bof… J’avais découvert le tome 1 et son scénariste talentueux, auteur de plusieurs autres titres fascinant, MJ Strackzynski, mais apparemment pour ces épisodes, il aurait laissé tombé en cours de route, ce que l’on sent vraiment. Mais au-delà de ça, que cette Wonder woman est nunuche! L’histoire n’est pas du tout intéressante, ennuyeuse et super-héroïque dans le plus mauvais sens du terme. J’espère vraiment que la rayonnante Gal Gadot va amener une nouvelle ère pour cette héroïne!

La Fille du train, de Paula Hawkins

La Fille du train par [HAWKINS, Paula]

Rachel est une femme déboussolée depuis que Tom, son beau mari adoré, l’a abandonnée et refait sa vie avec Anna. perdu son travail et sombré dans l’alcool ,Torturée par son chagrin, elle intervient souvent dans la vie de Tom, au grand dam d’Anna qui la trouve inquiétante et invasive .Pour donner le change elle prend chaque jour un train de banlieue, à la même heure, à la même place .Perdue dans ses problèmes, Rachel repère sur son trajet quotidien une maison près des rails et proche de celle où elle vivait et où son ex-mari abrite son nouveau bonheur . Elle y voit un couple, imagine leur vie amoureuse idyllique .Un matin, elle aperçoit la jolie jeune femme dans les bras d’un autre homme et découvre quelques jours plus tard dans un journal qu’elle a disparu. A partir de ce moment on est entrainé dans un thriller psychologique implacable et passionnant . Impossible de lâcher ce premier roman choral où chaque chapitre donne successivement la parole aux trois femmes . La tension s’accentue jusqu’a la dernière ligne. Vraiment captivant .

Salammbô, Flaubert

Voilà le roman inclassable de Flaubert, considéré par certains comme son chef d’oeuvre, par d’autres comme son grand raté. Il est vrai que l’on semble au premier abord bien loin des préoccupations d’un Emma Bovary ou de Bouvard et Pécuchet. Mais il ne faut pas se laisser tromper par le décor somptueux de la Carthage antique. SI “Salammbô” narre bien les combats qui opposèrent Hammilcar Barca (père du célèbre Hannibal) aux Barbares et aux Mercenaires, il ne s’agit pas pour autant d’une fresque historique, mais bien d’un roman moderne.

Salammbô est la fille d’Hammilcar, dont d’éprend Mâtho, le chef des Barbares. L’ attirance que ressent Salammbô, aussi vivace que sa répugnance à son égard, sont rythmés et confondus par des scènes de bataille d’une violente étonnante (et d’une longueur quelque fois pesante). Mais les images employées par Flaubert sont puissantes. Des éléphants aux trompes coupées, des hommes dévorés par les leurs quand la famine les a rendu fous, des lions crucifiés pour décourager leurs pairs de roder…

Flaubert n’épargne ni le lecteur, ni ses personnages dans cet âpre roman au goût de cendre et de sang. Ni même la belle Salammbô, qui paiera cher sa tentation et son désir, même dissimulés sous le masque de la violence et de la vengeance. Culpabilité, violence et désir se mêlent à la manière destructrice finalement d’une Emma Bovary. Cette héroïne orientale ne nous apparaît plus si lointaine, déesse déchue dans un monde en faillite.

Les amants de Caracas

Les Amants de Caracas : Affiche

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Maitrise du scénario, avec des ambiguités, des non-dits et qui va tout le temps à l’essentiel. Maitrise de la mise en scène, avec des images qui racontent plus que les dialogues (les dialogues sont rares). Un sens du tempo (alternances de plans fixes et de travelling) et du suspens, qui rend le film un vrai thriller psychologique. La scène d’ouverture est superbe, avec la drague dans la rue et dans le bus, parfaitement rodée. Je ne saurais dévoiler la scène finale, mais là encore c’est formidablement filmé. En outre la direction des acteurs (Alfredo Castro vu dans de nombreux films chiliens) impressionne. C’est un sans faute, le film est passionnant de la première à la dernière seconde.